Pullman Al Marjan classé parmi les 100 hôtels durables
À Ras Al Khaimah, Pullman Al Marjan Island entre dans un Top 100 mondial durable. Ce que l’hôtel a vraiment dû prouver, et ce que ça change.
En résumé
Début janvier 2026, le Pullman Resort Al Marjan Island (Ras Al Khaimah, Émirats arabes unis) a annoncé son entrée dans un classement « Top 100 » mondial lié aux International Sustainability Awards 2025. L’information compte parce qu’elle touche un secteur où l’empreinte environnementale est structurelle : climatisation, eau, déchets, logistique. L’hôtel met en avant des mesures concrètes : fin des plastiques à usage unique, production d’eau via générateurs atmosphériques et embouteillage en verre réutilisable, jardin potager, sourcing plus local, pilotage énergétique par technologies “smart”, et actions communautaires. Au-delà du symbole, ce type de reconnaissance sert de signal au marché : il rassure les voyageurs, facilite certains partenariats corporate, et pousse les équipes à documenter leurs résultats. Mais la valeur réelle se jouera sur la traçabilité des indicateurs, la capacité à éviter l’effet “green story”, et la continuité des investissements.

Le signal envoyé par un Top 100 mondial dans l’hôtellerie
L’annonce situe Pullman Resort Al Marjan Island parmi les « Top 100 Sustainable Companies in the World » associés aux International Sustainability Awards 2025. Le terme peut prêter à confusion, car il existe plusieurs palmarès mondiaux “Top 100” en durabilité. Ici, les communiqués relayés dans la presse professionnelle régionale rattachent explicitement cette distinction aux International Sustainability Awards 2025, « presented in association with the World Luxury Chamber of Commerce ». Autrement dit : on n’est pas dans un classement financier boursier, mais dans une reconnaissance “industry awards” orientée pratiques.
Pourquoi ce signal est-il important ? Parce que l’hôtellerie se retrouve coincée entre deux réalités. D’un côté, la promesse d’expérience et de confort, souvent énergivore. De l’autre, une pression réglementaire et commerciale qui s’accélère. Dans le Golfe, la demande touristique augmente, mais les contraintes environnementales (eau, refroidissement, gestion des déchets) ne disparaissent pas. Pour un resort, afficher une performance crédible devient un avantage concurrentiel, à condition que cela repose sur des actions mesurables et pas seulement sur un storytelling.
Les critères implicites derrière ce type de reconnaissance
Les pages de l’organisateur décrivent un périmètre large : entreprises évaluées sur l’intégration de pratiques durables, la réduction d’empreinte, l’innovation et une forme de leadership. Ce n’est pas un audit public “normé” au sens d’une certification ISO, mais on retrouve généralement trois blocs d’attentes, très concrets sur le terrain.
La réduction d’empreinte dans les postes “durs”
Un resort se juge sur des postes qui se mesurent : énergie (kWh), eau (litres), déchets (kg), plastique (unités), achats (part des filières locales), et, quand c’est possible, émissions (kg CO₂e). Chez Accor, la logique corporate va dans ce sens : baisse du gaspillage alimentaire, élimination progressive d’objets plastiques, montée des hôtels éco-certifiés. L’intérêt, pour un établissement, est de transformer des intentions en procédures répétables : achats, maintenance, cuisine, housekeeping, back-of-house.
La preuve par les systèmes, pas seulement par les gestes
Un détail change tout : installer un outil de mesure et de pilotage. Le resort met en avant un calculateur carbone (Klimato) et des programmes de suivi du gaspillage alimentaire. Ce sont des briques “système” : elles permettent de suivre des tendances, de fixer des objectifs, et de prouver l’amélioration dans le temps. Sans cela, une politique RSE reste fragile, car elle dépend trop des personnes.
La cohérence sociale et locale
Les awards de durabilité ne regardent plus uniquement l’environnement. Ils attendent aussi un impact local : partenariats, soutien d’initiatives, ancrage culturel. Pullman Al Marjan mentionne une collaboration avec des artistes et talents émiratis, et des actions avec le RAK Animal Welfare Centre. C’est un axe souvent sous-estimé : il réduit le risque de “bulle touristique” déconnectée du territoire.
Les pratiques mises en avant par Pullman Al Marjan Island
Le resort liste plusieurs initiatives. Certaines sont classiques, d’autres plus structurantes.
La fin du plastique à usage unique comme standard, pas comme option
L’élimination des plastiques à usage unique est citée comme un chantier déjà engagé. Ce point compte particulièrement aux Émirats arabes unis, où les politiques publiques se renforcent : une interdiction des sacs plastiques à usage unique a démarré au niveau fédéral au 1er janvier 2024, et l’extension à d’autres produits (couverts, assiettes, etc.) est annoncée pour le 1er janvier 2026. Un hôtel qui anticipe ces échéances évite une transition dans l’urgence, et peut lisser ses coûts de substitution.
La stratégie eau : produire, embouteiller, réutiliser
Le resort met en avant des générateurs atmosphériques Airowater et l’embouteillage en verre réutilisable. Dans une région où l’eau potable dépend largement du dessalement, réduire les bouteilles plastiques ne relève pas seulement de la propreté visuelle : c’est aussi un sujet logistique (transport), de déchets et de coût récurrent. La production “water-from-air” n’est pas un gadget : d’autres hôtels de la région ont déjà communiqué sur des installations d’embouteillage similaires, précisément pour supprimer la dernière grande source de bouteilles plastiques.
La sobriété énergétique pilotée, notamment via la climatisation
Le resort évoque des technologies “smart” et une gestion consciente de la température. Dans un resort balnéaire, l’énergie est dominée par le refroidissement, puis l’eau chaude, puis les équipements communs. Le point clé, ici, c’est la gestion : consignes, capteurs, maintenance, étanchéité, programmation. Ce sont des décisions peu visibles pour le client, mais ce sont elles qui font les vraies économies.
La restauration comme levier de durabilité mesurable
La création d’un Chef’s Garden, l’application d’une charte alimentaire durable et l’extension de produits issus de fournisseurs locaux (fruits et légumes) attaquent deux postes critiques : l’empreinte de la chaîne d’approvisionnement et le gaspillage. C’est aussi un terrain où l’on peut produire des indicateurs clairs (taux de déchets alimentaires, part d’achats locaux, saisonnalité, traçabilité).
Le contexte Ras Al Khaimah qui donne du poids à l’annonce
L’intérêt de cette reconnaissance se lit aussi à l’échelle du territoire. Ras Al Khaimah accélère son développement touristique. Les chiffres publiés par l’autorité touristique indiquent, pour 2024, 1,221 million de visiteurs et 4,35 millions de nuitées, avec un taux d’occupation indiqué à 73,6 %. Quand la destination monte en puissance, l’hôtellerie devient un poste d’impact majeur : volumes d’eau, d’énergie, de déchets, et effets sur les infrastructures.
Dans ce contexte, un resort de 300 chambres et suites n’est pas anecdotique. Le Pullman Resort Al Marjan Island a accueilli ses premiers clients sous la marque Pullman début février 2024, après rénovation, ce qui signifie que ses choix techniques et opérationnels sont relativement récents. C’est un point à surveiller : un établissement “repositionné” a souvent plus de marge pour intégrer des standards modernes qu’un hôtel plus ancien, contraint par ses équipements historiques.
L’impact attendu pour l’hôtel : marketing, opérations, et finance
Il faut être lucide : ce type de label sert aussi des objectifs commerciaux. Mais il peut produire de vrais effets opérationnels.
La crédibilité auprès des clients et des entreprises
Le voyageur “loisir” est sensible au discours, mais le client corporate est sensible aux preuves. Les entreprises demandent de plus en plus des informations sur la durabilité pour leurs séminaires, leurs achats, et leurs rapports RSE. Être reconnu dans un Top 100 peut ouvrir des discussions, à condition de pouvoir produire des données simples : consommation par nuitée, part de plastiques supprimés, taux de déchets recyclés, etc.
La réduction de coûts récurrents, si les systèmes suivent
Eau et énergie sont des charges structurelles. Sur un resort, le gain ne vient pas d’un geste isolé, mais de la somme de décisions techniques : capteurs, maintenance, réglages, achats, formation des équipes. Si l’hôtel mesure correctement, la durabilité devient un outil de performance. Sinon, elle reste une communication.
Le risque : l’effet vitrine et la question des preuves
Un point mérite d’être dit franchement : une récompense n’est pas une vérification publique exhaustive. La valeur, pour un lecteur exigeant, dépendra de la transparence. L’hôtel mentionne des dispositifs et des programmes. La suite logique serait de publier des indicateurs annuels, même simples, et d’expliquer la méthode. Sans chiffres, le doute s’installe, surtout dans un marché où le greenwashing a abîmé la confiance.

La suite logique : ce que l’on doit surveiller en 2026
Si l’on veut juger l’impact réel, trois éléments seront décisifs.
La publication d’indicateurs par nuitée
La seule façon comparable de parler d’un resort, c’est de ramener l’empreinte à l’unité : par chambre occupée, par nuitée, par couvert. Sans cela, “nous avons fait des efforts” reste invérifiable.
La solidité des achats et de la chaîne d’approvisionnement
Le local et le durable ne sont pas des slogans. Il faut des contrats, des volumes, des audits, et une gestion du risque (saisonnalité, prix, disponibilité). C’est ici que les engagements se heurtent au réel.
La cohérence avec la trajectoire groupe
Accor affiche une trajectoire climat et des objectifs (réduction, net zero à horizon long). L’établissement aura intérêt à montrer comment il s’aligne : formation, outils, investissements, et résultats. C’est là que la reconnaissance prendra de l’épaisseur, au-delà du trophée.
Une reconnaissance utile, si elle force l’hôtel à rendre des comptes
Cette distinction place Pullman Resort Al Marjan Island dans une catégorie que beaucoup d’hôtels revendiquent, mais que peu documentent sérieusement : l’hospitalité durable appliquée à un resort. L’intérêt n’est pas d’applaudir une annonce. L’intérêt est de voir si le label devient un engagement opérationnel : des systèmes de mesure, des arbitrages budgétaires, et une transparence minimale sur les résultats. Si c’est le cas, l’hôtel y gagne un avantage concurrentiel durable, et la destination y gagne un standard qui tire tout le marché vers le haut. Si ce n’est pas le cas, ce sera un badge de plus sur une page web, vite oublié dès la prochaine campagne.
LES PLUS BEAUX HOTELS DU MONDE est un guide indépendant.
Les plus beaux hôtels du monde
Bienvenue sur notre site de présentation des plus beaux hôtels du monde. Ce site est réalisé par un collectif de voyageurs, le plus souvent voyageurs d’affaires, qui parcourent le monde. Le but de ce site est de vous présenter notre sélection des plus beaux hôtels que l’on retrouve en Europe, en Amérique et dans le reste du monde.
Notre sélection est totalement indépendante. Nous tenons compte des critères usuels de classification des hôtels comme le nombre d’étoiles, mais aussi d’autres critères tels que l’expérience globale de l’hôtel, l'environnement général et le critère très personnel de la "séductivité" de l'hôtel. C’est pour cela que certains hôtels, qui ne sont pas des 5*, peuvent être dans notre sélection des meilleurs hôtels du monde.
Vous avez une question ? Contactez-nous sur contact @ seoinside.fr
Retrouvez notre sélection des plus beaux et meilleurs hôtels du monde par géographie :
Afrique - Amerique Centrale - Amerique du Nord - Amerique du Sud - Asie - Caraïbes - Europe - Moyen Orient - Ocean Indien - Pacifique & Océanie

